Les compresseurs

Optical, FET, VCA, Tube … autant de technologies qui se retrouvent à l’intérieur de nos compresseurs !

OMG (Ho My God !) c’est ce que je me suis dit avant d’écrire le premier mot de cet article tant la montagne qui se dressait devant moi me paraissait insurmontable genre l’Everest, le K2 tout ça …

La compression est sans doute un effet qui a révolutionné, si ce n’est la musique, sinon le son en lui-même, tellement il est utilisé aujourd’hui (mal, trop ou à bon escient et intelligemment)

C’était un outil à l’origine pour permettre de modifier la dynamique par essence évidemment mais au départ de façon transparente pour élever le niveau ou pour éviter de saturer un étage de préampli.

Aujourd’hui une seconde utilisation a fait son apparition (enfin aujourd’hui et hier on va dire ) c’est de colorer le son. Le plus marquant étant les drums et la voix qui en ont bénéficié à outrance dans les années 80 par exemple.

Le compresseur est aussi lié à pas mal de genres qui sans lui n’auraient peut-être jamais vu le jour comme le métal moderne ou la techno/electro/rap/trap etc … mais le rock moderne, rock FM, rock progressif  également bref un paquet de genres en fait.

On peut le vouloir omniprésent comme en électro ou on le fait pomper une basse ou une nappe de synthé grâce à la technique du side-chain ou s’en servir pour mettre en avant un instrument par rapport aux autres ou bien calmer les sautes de niveaux  d’une voix ou d’une basse.

On en met quasiment sur toutes nos pistes (aller avouez …). Bien que la tendance actuelle est à un retour plus mesuré car on a (ma génération par exemple) été un peu abreuvé par les radios FM de ce son surcompressé qu’on a voulu reproduire ensuite dans nos première prods … sans doute sans totalement le doser de façon optimale parfois … et s’étonner que notre mix finisse par sonner ‘petit’ au final alors qu’on voulait tout le contraire ! erreur de débutant qu’on est nombreux à avoir fait par méconnaissance de cet outil par ailleurs hyper intéressant et je dirais même génial pour le son.

Au même titre que j’ai écrit le premier article « l’EQ : l’incontournable » la formule pourrait aisément s’appliquer au compresseur de la même façon dans le mixage moderne.

J’aimerais d’abord parler d’un compresseur qui, pour moi,  a été synonyme  de ma découverte des compresseurs :  le UREI 1176, un compresseur de légende s’il en est !

J’ai compris en l’utilisant que tous les morceaux que j’aimais l’avaient au moins utilisé sur les drums et les voix, bien entendu je l’ai d’abord abordé avec un plugin vu mes moyens financier de l’époque, c’était un plugin vendu avec les cartes Creamware (aujourd’hui Sonic Core) car j’avais deux de leurs cartes son (Luna et Pulsar), d’après les ‘experts’ users il se rapprochait très prêt du ‘vrai’.

Alors j’en mettais sur toutes mes pistes mais j’avoue un peu à tort et à travers c’était mes débuts dans l’art du mixage J chez Creamware l’émulation du 1176 s’appelle le Vinco :

Le hardware mythique fut à l’origine inventé par Bill Putnam sous la marque UREI en 1967.

C’est un compresseur avec la technologie FET.

Pas de réglage de Threshold ici c’est le bouton INPUT qui joue ce rôle, l’OUTPUT revient au Make Up des autres compresseurs, attack et release réglables + des boutons pour le ratio avec la fameuse option ALL (lorsque vous avez appuyé tous les ratios) dite aussi « British » qui le pousse dans ses derniers retranchements attention compression violente assurée !

C’est le plus émulé de tous les compresseurs, chez Waves, UAD, Brainworx etc … même tous les DAW actuels possèdent leur propre émulation de ce compresseur.

Plusieurs versions ont vu le jour (REV-D la fameuse ‘black face’, REV-A la ‘Blue’ etc …)

Ici un tableau récapitulatif de toutes les versions (cf. Wikipedia) :

Les versions D et E étant réputée avoir le meilleurs son, le plus apprécié.

Bien sur ce n’est pas le seul compresseur à avoir marqué le son et la musique. Nous allons donc voir ensemble un panel plus large de ces outils par famille de technologie.

Le compresseur optique fonctionne à l’aide d’une cellule photoélectrique qui capte les variations de luminosité pour adapter le gain. La lumière est produite soit par une ampoule de l’optocoupleur soit par une LED.

Cela fait que le compresseur a des temps de réponse relativement lent mais cela est très apprécié, exemple fameux de compresseur optique : le LA2A.

VCA est un type de compresseur répandu, il fonctionne à l’aide d’un circuit intégré pour contrôler le gain. Ils ne sont pas hyper colorés ce qui fait qu’ils sont très polyvalents.

FET (Field Effect Transistor)

On retrouve notre 1176 dans lequel opère un transistor à effet de champ à la base pour simuler les tubes (lampes) .

Tubes (lampes)

Ce sont en fait des compresseurs dans lesquels on a introduit des lampes pour colorer le son mais qui peuvent utiliser les autres techniques ou circuits qu’on vient de voir.

Manley Vari-Mu

Paramètres des compresseurs

Quelle que soit la technique employée le compresseur sert à la même finalité : réduire la plage de dynamique (différence entre le son le plus fort et le son le plus faible d’un signal audio) du son entrant.

Les paramètres des compresseurs sont les suivants :

INPUT/THRESHOLD : règle le gain d’entrée de la source à traiter.

Dans le cas de certain compresseur (ex : 1176) il règle aussi le threshold simultanément.

THRESHOLD : c’est le seuil à partir duquel on souhaite diminuer le niveau du signal. Tous signaux en dessous du seuil ne seront pas modifiés par le compresseur.

RATIO : c’est le rapport entre le signal entrant et le signal traité, exemple Un compresseur a un rapport de 4:1 avec un seuil à 0 dB agit ainsi :

  • Un signal dont le niveau ne dépasse jamais 0 dB n’est pas modifié.
  • Un signal de niveau constant 10 dB est réduit à 10÷4 = 2,5 dB.
  • Un signal de niveau constant 16 dB est réduit à 16÷4 = 4 dB.

MAKE UP/OUTPUT : c’est le contrôle du volume de sortie (si on diminue le niveau du signal entrant on veut pouvoir compenser en augmentant le volume du signal de sortie voir l’amplifier.

ATTACK : c’est le paramètre qui dit au compresseur à quel moment celui-ci doit se déclencher (en millisecondes).

RELEASE : c’est le paramètre qui donne au compresseur la courbe de relâchement  qu’il doit adopter pour revenir au niveau initial après avoir traité un son.

Le compresseur de la tranche dynamicsVST de Cubase comportant ces paramètres :

Techniques de compression

Premier exemple les drums, on veut par exemple donner du punch à la batterie, on peut employer un compresseur différent sur le kick, sur la snare (c’est généralement la technique employé dans beaucoup de genre) pour faire ressortir ces deux éléments du mixage.) Mais on veut pouvoir aussi compresser l’ensemble de la batterie soit en parallèle (technique de la compression parallèle ou dites NY (New-York compression) c’est-à-dire qu’on va envoyer dans une piste auxiliaire plus ou moins de signal dans un compresseur réglé drastiquement (ou le taux de compression est élevé voir violent) et doser l’envoie (send) afin de rehausser/embellir la piste de drums. On peut aussi insérer un compresseur sur le bus de drums directement mais on va alors employer en général une compression beaucoup moins violente que dans le bus parallèle.

Pour la voix, le compresseur peut servir à contrôler les variations d’une prise.(rehausser les moments trop faibles par rapport aux moments plus dynamiques), il peut aussi servir à colorer, à venir placer la voix très devant au mixage ou bien rendre une prise de voix enregistrée volontairement faible voir chuchotée à même de ressortir dans le mix.

Pour la Basse même combat, on va vouloir ‘aligner’ les dynamiques de chaque notes pour ne pas avoir des notes étouffées suivi de notes vraiment trop fortes. Par contre le compresseur va vraiment mettre la basse en valeur et lui donner un son caractéristique, c’est ce qui va permettre de ‘ressentir’ les basses et de la placer vraiment au centre pour avoir beaucoup d’énergie.

On peut vouloir  ‘gluer’ un mixage ou deux stems du mixage comme drums/bass par exemple pour ça on va employer un compresseur FET ou un Vari-MU (pas de règle absolue mais ce sont  ceux-là qui reviennent souvent  pour ce rôle) afin que les drums et la basse rendent un groove qui semble vraiment sortir d’un même ensemble du mixage qui ne sonne pas trop ‘séparé’.  On peut vouloir ‘gluer’ le master en plaçant également un compresseur.

Rien n’empêche d’empiler les compresseurs et même cela peut être bénéfique pour répartir la tâche et avoir un son finalement plus ‘ouvert’ qu’en utilisant un seul compresseur. Exemple plutôt  que d’utiliser un compresseur en 4:1 sur une voix on va décider d’utiliser un compresseur en 2:1 puis enchaîner derrière un compresseur (différent ou pas) avec un ratio 2:1 aussi et pourquoi pas insérer un equaliser entre les deux.

Pourquoi on pense immédiatement au compresseur lorsqu’on veut relever le niveau d’une piste ou d’un mixage ?

C’est très simple, le fait de diminuer la plage dynamique va avoir comme effet que votre spectre audio va se restreindre dans une plage dynamique plus étroite (on aura enlevé les pics de niveau) donc on pourra derrière relever le niveau puisque celui-ci aura été ‘aplati’ par le compresseur.

Un exemple visuel va vous faire comprendre facilement ce qui se passe.

Mais c’est là que réside aussi souvent le piège ! Car on va relever le niveau d’une piste dans le mixage pour trouver qu’ensuite, du coup, les autres pistes vous paraitront  plus faiblardes et donc on va coller de la compression partout et pas forcément bien doser nos réglages et cela va aboutir à un mix totalement détruit et sans vie ! Donc méfiance, la compression ça s’apprivoise, il faut être très vigilant à chaque étape où on l’utilise.

Il faut parler lorsqu’on parle de compression d’un cas particulier de la compression qui est le Limiter. Le Limiter va compresser mais avec un ratio très élevé (genre 10:1 ou 20:1) il va sur un bus master calmer les pics et permettre encore d’élever le niveau au mastering.

Vous l’avez compris le compresseur a un fort travers et est responsable probablement de la loudness war qui consiste à vouloir toujours un niveau plus élevé ce qui a pour conséquence des masters pas toujours au top et qui peuvent même fatiguer vos oreilles (très fréquents entre les années 90 et 2010), heureusement ces dernières années des normes sont sorties (LUFS -128 par exemple) dans les médias des BO de films mais qui s’appliquent aussi de plus en plus au musiques également et qui font en sorte qu’on n’abuse pas et que les niveaux sont  plus cohérents et n’induisent pas de dommage à vos oreilles ni de fatigue excessives à l’écoute. Les plate-formes numériques appliquent d’ailleurs leur propres normes (un peu de cohérence entre-elles d’ailleurs ne serait pas du luxe !!!) mais cela a au moins le mérite de faire peu à peu reculer cette loudness war nocive au possible pour notre ouï mais pour la qualité des mixages également. Mais ne nous égarons pas, et refermons cette parenthèse.

Conséquences audibles et visibles sur les formes d’onde de la compression

Forme d’onde d’origine d’une piste de drums

Paramètres du compresseur : Ratio 4:1 , threshold : -6.8, attack 1, release : auto

Forme d’onde résultat après application de la compression :

On voit clairement que l’attaque du pic qui dépassait -6 dB a été ‘raboté’ et se retrouve en dessous maintenant du seuil. On a appliqué une compression relativement légère sur cet exemple car cela n’a affecté que des attaques qui dépassaient le seuil de Threshold.

Voyons enfin l’effet d’une compression sur l’ensemble d’un mix pour terminer notre ‘survol’ de l’outil compresseur :

Après

Ce n’est là encore qu’une compression raisonnable qui a permis d’épaissir le mixage , de relever les moments les plus calmes par rapport aux moments plus fort (réduction de la dynamique).

Dans nos prochains articles/tutos vidéos nous détaillerons plusieurs techniques en particulier, nous serons plus ‘focus’ sur une technique mais le but de l’article présent était de vous présenter cet outil magnifique qui sans nul doute se retrouvera dans vos prods.

Visitez régulièrement le site pour voir les tutos vidéos et les articles, et n’hésitez pas à les relire pour vous familiariser avec tout ça.

A très bientôt,

© Babaorum Studio 2021-09-24

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